Je hais les dictons

Projet-4

La raison du plus fort est la meilleure. La raison a eu raison de nous. Mais peut-elle avoir tord ? 

A l'impossible nul n'est tenu, et pourtant, j'y suis suspendue. Suspendue au fil de ma toile déstructurée, balottée par les tempêtes et grillée à la brûlure d'un feu follet. 

On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs. Je dois avoir une tête d'œuf... Je croyais ma coquille plus solide que ça aux coups du mauvais sort. 

On m'a coupé l'herbe sous les pieds, et il ne me reste même pas la délicieuse odeur de l'herbe coupée, je me retrouve sur le sable et bois la tasse. 

Chacun voit midi à sa porte, et ma porte ouverte ne voit que minuit; le midi n'est pas pour moi, ainsi en a-t-il été décidé. 

Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise... ou qu'elle se casse, lasse. 

Comme à mon habitude je me détache; dédoublement salvateur et bombe à retardement ravageuse, destructrice, en silence, invisible, douloureuse, trompeuse. 

Je dois malgré-tout remercier ce vent destructeur, oui, merci de m'avoir offert tant de douleurs que mes toiles n'en peuvent plus de supporter  l'acrylique rageur, le pinceau triste sur ce sol pleureur taché de mes errances. 

Grisée

Froid, pluie, vent et gris me sont doux;

douceur d'un câlin enroulé dans une grande couverture; douceur d'une rose de Noël dans un jardin de cactus; caresse du froid au cœur d'une saison brulant nos désirs. 

Ma journée s'est passée dans tes bras, contre la chaleur de ta peau, à la musique de tes mots d'amour. Nos échanges murmurés sous les draps avaient le gout des fruits confits, la saveur piquante du gingembre, tes baisers de miel couvrant mes lèvres assoiffées. 

J'étais seule à le savoir, seule à sentir ta respiration au delà des 300 km qui nous séparent, seule dans cette journée active à te savoir près de moi, malgré le bruit, les impératifs, les collègues excédés, malgré tout. 

Froid, pluie, vent et gris me furent si doux aujourd'hui. 

Ecoute

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Toucher 

Être touchée 

Sentir l'intouchable 

Effleurer une pensée

Effleurer le souvenir 

Des mots 

Des images 

D'une silhouette 

Prendre à cœur 

A prendre par cœur 

L'éclat d'un diamants éblouissant 

Ouvrir une fenêtre 

Faire entrer le vent 

Et s'en imprégner 

Souffle doux d'en...vie 

Caresse d'éveil 

Main ouverte 

Sur nos lignes 

Faire vibrer 

La plus sensible 

S'y lover 

 

Reprendre sa place 

Dans cet espace 

 

 

Sans attendre 

S'étendre 

S'entendre 

S'éprendre 

S'étreindre 

Dans la nuit 

Des cris 

Des flash 

Ce n'est qu'un rêve 

Une perle nacrée 

Plongée dans l'océan 

Aux marrées emportée 

Aux quatre vents d'en..nuits

Griffer ce sommeil 

Mains fermées tétanisées 

Sur nos ondes tempêtes 

Marcher sur des mots 

Rester debout très fort 

Ne pas s'assoupir 

Et 

Respirer dans l'ombre... 

La fille du 6eme étage

Ww-hd

A force d'être oubliée, j'en arrive à m'oublier moi-même... et je me perds. 

 Si je prends de la hauteur, ce n'est pas pour vous toiser mais pour arriver à vous voir tels que vous êtes, sans être impressionnée par votre aura... 

Mes silences sont mes plus grands bavardages. 

Sachez que je n'en dirais jamais autant avec des mots; 
alors, chuuuuuuuuuuuuuuut ! 

Funambule

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Je glisse mes pas sur les voiles du matin 
Ceux que laisse la Lune sur les rêves terriens 
Abandonnés à Morphée, soporifique magicien 
Il les porte aux étoiles au creux de ses mains 

Si je tombe, que se ne soit pas trop bas...

Je prend mon équilibre sur les mots d'amour
Qui font briller ma nuit, qui éclairent mes jours 
Cueillis du regard sur vos pages en mes détours 
Ces mots dont mes doigts caressent les contours 

Si je tombe, que se soit ici-bas...

Trembler sur vos rêves ne serait que l'émotion
De ressentir sous mes pieds vos désirs, vos passions
Qui me portent, funambule, dans une belle ascension
Vers l'extase immortelle, l'onde divine d'un frisson 

Si je tombe, que se soit dans tes bras...

Les volutes épicées de nos désirs en errance
Que vos lèvres soyeuses portent en silence
Saignent mes songes du vide de l'absence
Ondulent sur ma peau comme l'ultime transe 

Si je me réveille, prends moi dans tes bras...

...

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Feuille sèche à la dérive. 
Pas la seule. 
J’affleure encore l’eau transparente. Pour une éternité, je m’y suis situé.
Le fond est si limpide. Attirance envoûtante d’un au-delà mêlé à une lancinante aspiration aérienne. Dilemme d’une vie qui n’en est plus une. Passage d’un monde à l’autre. Désir de rester éternellement en suspension à virevolter sans discontinuité. Nuitée illuminée des souvenirs évidés.
Lutter pour ne pas se laisser porter au gré des vents et des courants. Se rencontrer dans cette errance humide des larmes de la terre. Qui nous a décroché? Comment avons-nous chuté de la branche à la rivière?
La vie s’était-elle déjà retirée alors que le vent nous avait délicatement déposé ici, après maintes pirouettes aériennes. Anciennes.
Volte-face ou perte de contrôle. Nous n’étions pas seuls ici. Nous nous croisions. Nous nous effleurions et le courant nous laissait glisser sous les rayons d’un soleil brûlant. Imprégnés de chaleur. Caresses de l’âme malmenée à la chute injustifiée dans le doute de nos obsessions. Abrutissante répétition de notre impuissance majestueuse à influer le cours de la scène obscurcie par son absence. Déni. Puni. La vie le vit et s’enfuit.
Puis.
Voir son reflet. Sentir sa membrure. Je me cambrais sans parvenir à l’atteindre. Le vent l’avait déplacé, le courant l’emportait.
Sans force, je luttais pour ne pas atteindre la rive. S’y échouer serait l’ultime étape d’une décomposition. Revenir là où je suis, par ici et ne pas y être. 
Sans venir, souvenir. 
À venir, sans regret. 
Au gré.
Malgré.
Insuffler. 
L’air d’une vie. S’y jeter, sans oubli.
La destinée m’a échappé sans que je m’en échappe.
Sans désirer être souhaité, les appels inaudibles se délectaient dans l’espace infinitésimal qui appose l’air, la vie à la submersion, la disparition.
Git,
Ici, 
Dans une nuit.
Jamais finie.

Ce texte a été rédigé par Xavier Fisselier dans le cadre des vases communicants. Vous pouvez le suivre sur son blog :dream about your life & live your dream sur lequel il accueille aujourd’hui mon texte.

Voici la liste des autres participants à ces vases communicants de Mai que vous pouvez trouver sur:  Vasescommunicants-liste :

Maryse Hache http://semenoir.typepad.fr/ et Jérôme Wurtzhttp://fermeturefilm.blogspot.com/

Joachim Séné http://www.joachimsene.fr/txt/ et Guillaume Vissachttp://www.fuirestunepulsion.net/spip.php?rubrique1

Louise Imagine http://louiseimagine.wordpress.com/ et KMS http://kmskma.free.fr/

Kouki Rossi http://koukistories.blogspot.com et Christophe Sanchez http://www.fut-il.net/

Christopher Selac http://christopherselac.livreaucentre.fr et Pierre Ménardhttp://www.liminaire.fr/

Martine Rieffel http://lireaujardin.canalblog.com/ et Brigitte Célérierhttp://brigetoun.blogspot.com

Isabelle Butterlin http://yzabel2046.blogspot.com/ et conte de Suzannehttp://valetudinaire.net/

Franck Queyraud http://flaneriequotidienne.wordpress.com/ et Christophe Grossihttp://kwakizbak.over-blog.com/

Piero Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/ et Dominique Hasselmannhttp://dh68.wordpress.com/

Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/ et Anita Navarrete-Berbelhttp://sauvageana.blogspot.com

François Bon http://www.tierslivre.net et Urbain trop urbain http://www.urbain-trop-urbain.fr/

Candice Nguyen http://www.theoneshotmi.com/ et Samuel Dixneufhttp://samdixneuf.wordpress.com/

Morgan Riet http://cheminsbattus.wordpress.com/ et Marlène Tissot http://monnuage.free.fr/

Michèle Dujardin http://abadon.fr/ et Jacues Bon http://cafcom.free.fr/

Murièle Modély http://l-oeil-bande.blogspot.com/ et Vincent Motard-Avargueshttp://jedelego.free.fr/plus.html

Cécile Portier http://petiteracine.over-blog.com/ et Sandra Hinègehttp://ruelles.wordpress.com/

Mariane Jaeglé http://mariannejaegle.over-blog.fr/ et Michel Sarnikovhttp://la.mauvaise.herbe.over-blog.com/

Sarah Cillaire http://www.seriescillaire.com/ et Arnaud Maïsettihttp://www.arnaudmaisetti.net/spip/

Christine Jeanney http://www.christinejeanney.fr et Jeanne http://babelibellus.free.fr/

 

A nos heures

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Dans la lumière du matin

Vibraient encore nos heures froissées.

Portant l'emprunte de nos mains

Les draps murmuraient, bouleversés.

 

Le silence, complice du jour,

Succédait à la symphonie nocturne.

Le noir puissant de l'amour

Cédait la place au trouble diurne.

 

Dans la lumière du matin

Vibraient encore nos heures défaites.

Pliés aux jeux de nos mains

Les draps prenaient un air de fête.

 

Les rideaux, figés dans leur vie

Ne bougeaient plus que leur ombre,

Témoins complices de la nuit

Enchantée d'une magie sombre.

 

Dans la lumière du matin

Vibraient encore nos heures lestes.

Troublés par la caresse de nos mains

Les draps rougissaient de nos gestes.

 

Le soleil, surpris de ce silence,

Inondait la pièce de curiosité.

Les murs souriaient, de connivence

Avec un ciel de lit étoilé.

 

Dans la lumière du matin

Vibraient encore nos heures folles.

Nostalgiques du langage de nos mains

Les draps résonnaient de nos paroles